D’ac pour le Modak

Il y a quelques jours se finissait le Ganesh Chaturthi, l'occasion de revenir sur la douceur phare de ce festival indien : le modak.

 

Mein Mithass, voila qui sonne plus allemand qu'indien

 

 

Le Ganesh Chaturthi aussi connu sous les noms Vinayaka Chaturthi ou Vinayaka Chavithi est une fête indienne de 10 jours célébrant la naissance de l'un des dieux les plus vénérés du panthéon hindou, Ganesh. Ganesh, fils de Shiva, avec sa tête d'éléphant est certainement le dieu hindou le plus connu en occident. Ganesh ou Ganapti ou encore Vinâyaka supprime les obstacles et incarne notamment la sagesse et l'intelligence. Sa tête est très reconnaissable mais ce n'est néanmoins pas son seul attribut puisqu'il porte généralement une hache, un aiguillon à éléphant, une défense cassée ou encore un bol de modak, sa friandise préférée. Il porte d'ailleurs le surnom de modakapriya, celui qui aime le modak.

 

Statue de Ganesh au musée Chhatrapati Shivaji Maharaj Vastu Sangrahalaya (Mumbai)

 

Ganesh et sa coupelle de modak

 

Le Ganesh Chaturthi est particulièrement populaire dans l'État du Maharashtra (Mumbai) et commence le quatrième jour du mois Bhādrapad du calendrier luni-solaire hindou. Cette année, ce festival a commencé le jeudi 13 septembre pour finir 10 jours plus tard. Des idoles représentants Ganesh sont installées dans les maisons ou dans des temples temporaires, décorées et des prières et offrandes leur sont offertes, dont des modak ; le festival se termine par une procession.

 

Ganesh décorée pour le Ganesh Chaturthi (1)

 

Le modak traditionnel nommé Ukadiche Modak est préparé pour le festival avec du riz, de la noix de coco et du jaggery, un sucre non raffiné indien. Sa forme ressemble à une figue ou une bouchée vapeur, de couleur blanche. Il ne se conserve que très peu de temps, moins d'une journée. D'autres recettes de modaks, plus modernes, ont fait leur apparition au fil du temps. Modak à la rose, modak au chocolat, moong dal modak fait de haricot mungo et de noix de coco, ou encore le mawa modak que l'on nous a gentiment rapporté du festival.

 

Échoppe de modak à Mumbai (2)

 

Au départ on ne nous avait donné ni le nom de la variété, ni les ingrédients de ces friandises. Cela a donné lieu à une vraie dégustation en aveugle. Après test, on peut dire que ces modak sont perturbants à tous les niveaux, odeur, goût et texture. Comme les autres modaks, ceux-si se présentent sous forme de poire de quelques centimètres, mais avec une couleur très jaune, façon curcuma, avec des inclusions vertes que l'on identifie sans mal comme des pistaches. L'odeur, elle, n'évoque rien de sucré mais nous a rappelé instinctivement le riz au safran. Une bonne intuition car il s'est avéré que la recette comprend du safran. Il faut dire que cette épice a un goût et une odeur particuliers très reconnaissables. On peut d'ailleurs trouver quelques fragments de pistils dans la pâte. Le goût est lui aussi déroutant, pas vraiment sucré, là encore safrané, avec une texture de pâte d'amande et un goût qui la rappelle un peu, mais en différent. Cette pâte est restée un mystère jusqu'au bout, impossible de vraiment en décrire le goût ni de deviner ses ingrédients sur le moment. Après quelques bouchées, ces modaks laissent cependant un étrange arrière goût de lait un peu vieux ou qui aurait tourné.

 

Mawa kesari modak

 

Parmi tous ceux qui ont bien voulu goûter, les avis sont très partagés. Certains adorent, d'autre détestent, entre les deux quelques uns aiment bien mais pas au point d'en reprendre un deuxième, et d'autres encore trouvent cela ni bon ni mauvais mais simplement étrange. Tout le monde est cependant d'accord pour dire que ce dessert est clairement atypique pour des occidentaux. Au final nous n'étions pas loin de découvrir la composition lors du test car la recette ne se compose que de quatre ingrédients : des pistaches, du safran (kesar), de jaggeri (surcre non rafiné) et du mawa qui est une sorte de fromage frais indien préparé à base de lait de vache.

 

Pas cher, seulement safran

 

Verdict :

Giraf

 ★★★☆☆ 

Ces modaks m'ont fait une première impression étrange, avec leur goût qui ne colle pas l'idée que l'on se fait d'une douceur. Leur côté peu sucré et surtout blindé de safran m'a plus fait l'impression d'un plat salé que d'un dessert. Pourtant, passé ce premier cap, j'ai plutôt apprécié et l'originalité du goût me fait leur donner un jambon d'argent.

 

 

PS : Merci à Varsha pour la photo de Ganesh et de l'étal, et pour nous avoir procuré ces modaks.

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