Welcome to caviar land

En ce début d'année, je vais vous parler d'un petit cocktail au champagne, histoire de rester dans l'ambiance festive. Nos fidèles lectrices et lecteurs se souviendront surement de mon bref séjour au Sofitel de Bruxelles, et surtout mon détour par son bar. Ce fut l'occasion de découvrir un cocktail atypique : le captain Leffe, mélange improbable d'ingrédients et de saveurs qui ne vont pas ensemble : fraise, bière brune, caramel ... La bière, même accompagnée, n'est pas le genre de breuvage qui s'accorde le mieux avec un hôtel luxueux, et donc le soir suivant j'ai commandé une boisson qui sied mieux à l'endroit : le caviar land, champagne avec billes de cointreau et paillettes d'or. Un raffinement et un luxe qui se payent, 19€ la coupe, rien que ça.

Surprise !

Je ne m'attendais pas vraiment à ce que le serveur rapporte un cocktail en kit. Sur un plateau, une seringue, un minuteur et trois verres : un d'une solution transparente, un vide avec un tamis et une coupe de champagne. La seringue au reflet doré contient de quoi faire les billes. En la pressant délicatement, on obtient des petites gouttes qu'on fait tomber dans la solution transparente. 2 minutes après, on obtient de belles petites perles d'alcool gélifié que l'on récupère grâce au tamis et elles finissent leur vie dans la coupe.

  • Étape 1 : faire tomber des gouttes

On peut vraiment dire que ce cocktail est ludique, on prend du plaisir à confectionner les billes, mais prend-on du plaisir à le boire pour autant ? Oui et non. Les billes tombent au fond et donc 90% du cocktail n'est que champagne, mais on ne va pas se plaindre, le champagne utilisé, Laurent Perrier est vraiment très bon nature : fin et bien équilibré. Les billes sont souples et explosent quand on les croque, libérant ainsi le cointreau qui se mélange avec la gorgée de champagne pour un résultat assez décevant. Il faut dire que vu que toutes les billes arrivent en même temps, on se retrouve à boire du champagne au départ, puis à boire pratiquement que du cointreau. De plus quand on arrive à avoir les deux en même temps, la force du cointreau éclipse presque totalement le champagne. L'or quand à lui est décoratif et n'apporte rien au goût. Au final on se retrouve avec une boisson ludique mais assez décevante, surtout pour le prix. Sans le petit coté insolite de la préparation, je n'aurais jamais parlé du caviar land.

Kit du gélifieur en herbe

Certains auront sûrement compris qu'il s'agit de cuisine moléculaire. La gélification permet de faire des billes qu'on appelle caviar : caviar d'alcool, caviar de fruit ... les possibilités sont infinies. Il existe principalement deux techniques :

  1. La gélification à froid avec de l'agar agar. L'agar agar est un gélifiant naturel issue d'une algue. On le mélange à ce qu'on veut gélifier puis on fait tomber des gouttes avec une seringue ou une pipette dans un verre d'huile végétale froide. Plus la hauteur d'huile est grande, plus les billets sont sphériques.
  2. La gélification avec de l'alginate de sodium. La technique est sensiblement identique sauf qu'on fait tomber les billes dans une solutions d'eau et de chlorure de calcium.

Personnellement je trouve la deuxième technique bien plus efficace et simple à mettre en place.

Caviar de Pisang Ice Mint

Verdict :

Giraf

 ★★☆☆☆ 

Le caviar land n'est pas un cocktail très intéressant, le goût est plutôt quelconque et il souffre du problème lié au poids des billes qui tombent au fond, ce qui lui vaut un simple jambon de bronze. Cependant on ne peut pas lui enlever son coté ludique et il aura au moins l'avantage de m'avoir fait découvrir un très bon champagne ainsi que la cuisine moléculaire qui permet de réaliser des plats inventifs et intéressants.

 

PS : Trouvable au bar du Sofitel Louise de Bruxelles, 19€ le verre.

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Pour un article lu, trois offerts :

2 réponses à “Welcome to caviar land”

  • Coline:

    ces billes d’une autre composante que celle de la boisson seraient peut-être plus intéressantes à boire dans des shooters? (pas forcément d’alcool ultra fort, mais juste en mettant quelques billes dans une quantité plus appropriée d’alcool, les goûts se mélangeraient mieux…)
    Il y en avait aussi à la framboise au réveillon chez mes parents, et à part le côté « nouveau », ça n’apporte qu’un goût agréable en fin de flûte, contrairement au bon vieux kir (mais certes moins joli…)

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